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MORPHINE

n°2

LA  COCAÏNE 


DOSSIER ARTISTIQUE
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conception/réalisation ............................
de avec ........................................................
 

lumières ......................................................
scénographie .............................................
production .................................................. 

soutien .........................................................
NINA VILLANOVA
MARINE BEHAR + JULIE CARDILE + GREGOR DARONIAN KIRCHNER

SEBASTIEN LEMARCHAND
EMMA DEPOID & NINA VILLANOVA
cie LES PIERRES D'ATTENTE

THÉATRE STUDIO D’ALFORTVILLE

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Morphine s’interroge, entre esthétique et politique, sur les stratégies contemporaines des pouvoirs à l’œuvre dans nos sociétés capitalistes. Ma recherche part avant tout d’un constat sensible : 
Je suis née en 1990, quelques mois après la chute du mur de Berlin. J’ai poussé mon premier cri dans les décombres du capitalisme triomphant. Des ruines pour terrain de jeux, j’ai grandi dans une période de mutations, comme ils disent, une période de crise. Crises idéologiques, économiques, écologiques, technologiques, crise, crise, crise désormais devenue la norme.  J’ai entendu La fin de l’histoire, j’ai lu La mondialisation heureuse  et j’ai vu l’avènement du néolibéralisme corrosif, de la globalisation financière et de la culture de masse planétaire et standardisée. En déployant mes ailes, tant bien que mal, dans cette modernité marchande, j’ai pu apercevoir dans certains conteneurs joliment délavés, une passagère clandestine : la cocaïne.

C’est à la lueur de cette substance/symptôme, objet d’étude de Morphine, que s’éclaire une société malade de ses contradictions. Une société amorphe et apathique où l’on prend de la coke pour travailler pour prendre de la coke pour travailler.

Si la cocaïne semble aujourd’hui une substance emblématique du capitalisme radical, c’est qu’elle agit de manière transversale et à différentes échelles. Démocratisée à partir du milieu des années 90, sa consommation touche désormais un large spectre social dont les usages sont tout aussi multiples. De la personnalité politique et médiatique aux travailleurs précaires, en passant par les artisans ou commerçants, la distinction classique et binaire entre classes ne tient plus, et il semblerait qu’on assiste à une forme de précarité généralisée.

Serait-elle, cette précarité, devenue la norme, elle aussi ?

L’augmentation de la consommation de cocaïne n’est elle pas le signe d’un paradoxe contemporain, où remède et poison s’indéterminent, générant une perte de repère ?

Au creux de ces contradictions, ne pouvons-nous pas trouver des forces créatrices qui donnent à notre errance une joie nouvelle ?

Mark